Qu’est-ce qui fait qu’une entreprise est vraiment inclusive ? Qu’on s’y sent à sa place ? C’est l’absence de discrimination évidente mais aussi le fait de se sentir accepté.e, totalement. Or pour y parvenir, il faut mettre fin aux microagressions. Ce livre nous explique très concrètement comment identifier les situations problématiques et comment y réagir pour créer un environnement de travail sain pour tout le monde.
Le pitch : la discrimination est dans les détails
“Soyez souriante demain, vous serez notre atout féminin”
“ A son âge, elle n’est pas près d’utiliser l’IA”
“J’adore ton afro”
Ces phrases en apparence anodines, blessent et excluent. Qu’on soit victime ou témoin de ces microagressions au travail ou dans sa vie personnelle, on peut et on doit agir. Ce livre est un guide très pratique pour identifier ces agressions parfois inconscientes et savoir réagir à la mesure de la situation pour devenir un.e parfait.e allié.e !
L’auteure : Diane Gonin et Alexia Sena
Diane Gonin, après un parcours RH dans les grands groupes, a créé Paritalité, un cabinet de coaching et d’accompagnement. Experte des comportements inclusifs, elle a créé la première formation en France à destination des entreprises sur la posture d’allié.e. Aujourd’hui, elle est conférencière, formatrice et coach.
Alexia Sena et formatrice et conférencière sur l’inclusion et créatrice du podcast Joyeux Bazar sur la double culture.
Pourquoi c’est Nouveaux récits ?
Parce qu’un monde plus équitable et plus solidaire, c’est ce qu’on veut. Et parce qu’un monde où chacun se sent à sa place, au travail ou ailleurs, peu importe sa couleur de peau, son genre, son âge, sa corpulence, son orientation sexuelle, on n’y est pas encore ! Alors au boulot ! Il s’agit de changer les comportements et pour cela, il faut changer nos manières de penser. Le livre explique d’ailleurs très bien “l’autoroute des discriminations” qui commence par des stéréotypes, puis des préjugés, avant d’entrer dans le concret des micro-agressions puis des discriminations. Commencer par changer le récit et bouger les normes sociales, c’est le chemin vers un monde réellement inclusif.
Les concepts-clés : microagressions et posture d’allié.e
Les microagressions sont des comportements discriminants de personne à personne : petites phrases, blagues, question déplacée, comportements irrespectueux. Pourquoi doit-on les combattre ? Parce que banalisées, elles font le lit des agressions racistes, sexistes, âgistes et discriminantes en général. Et parce que ce sont des agressions malgré tout qui blessent, écartent, invisibilisent. Les microagressions peuvent exister même si l’auteur.e est animé.e de bonnes intentions comme quand on dit “tu ne fais pas ton âge” ou “j’adore ton accent”.
La posture d’allié.e est le game changer au sein de l’entreprise (et ailleurs). Concrètement, on réalise que le témoin d’une microagression a un pouvoir colossal. Le pouvoir de soutenir la victime. Mais aussi le pouvoir de manifester son désaccord, à chaud ou à froid pour briser le climat discriminant. Le livre regorge d’astuces précises pour faire progresser la cause sans se mettre à la place des victimes, à la mesure du courage de chacun.
La citation qu’on aime
“Il y a quelques années, lors d’une conférence sur les discriminations au travail, une jeune femme noire a pris la parole avec émotion pour raconter un épisode de racisme vécu dans son entreprise. La salle est restée silencieuse. Quelques regards compatissants, quelques têtes baissées. Puis un homme blanc, cadre dirigeant, a levé la main. Il a dit, d’une voix calme : « ce que vous décrivez est inacceptable. Et je crois que nous devons nous remettre en question. » La salle à acquiescé, les têtes se sont redressées, les mots ont enfin circulé. Ce n’est pas juste, mais c’est un fait : dans une société structurée par des rapports de pouvoir, la parole des personnes non visées par les discriminations est souvent plus écoutée, jugée plus crédible, plus relayée. Avoir un privilège, c’est avoir un avantage que d’autres n’ont pas, sans l’avoir demandé, simplement parce qu’on appartient au groupe majoritaire. C’est comme avoir le vent dans le dos quand on fait du vélo : vous n’avez rien fait pour en bénéficier, mais vous avez quelque chose de plus. Et surtout de la charge mentale en moins : vous vous sentez « comme un poisson dans l’eau », ou du moins, il y a des soucis que vous n’avez pas. C’est être sûr que l’on retiendra vos compétences et pas votre accent, vos boucles, vos cheveux blancs ou vos rondeurs.”
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